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La France : le seul pays au monde qui pense avoir trop de cinéma d’auteur !

Tribune publiée dans Le Monde le 3 juillet 2019

 

Nous sommes scénaristes, cinéastes, producteurs, distributeurs et exploitants du cinéma indépendant.

Indépendant ne veut pas dire que nous sommes la part intime du secteur : les indépendants fabriquent plus de 90% des films. Ils sont le modèle industriel du cinéma français.

CETTE SALLE OBSCURE, OBJET DU DÉSIR

Nous avons tous eu notre vie changée par des cinéastes qui un jour, à travers un film, nous ont profondément touchés. 

Ce qui nous définit dans notre désir de cinéma, c’est d’aller à la rencontre de l’autre, en espérant toucher, troubler, questionner, surprendre le spectateur à notre tour. 

 

La salle de cinéma a toujours été une sortie culturelle unique, une expérience que le petit écran n’a finalement jamais impactée et que les plateformes ne remplaceront pas !

C’EST QUOI UN FILM QUI MARCHE ?

On pourrait commencer par se demander au nom de quelle idée de la culture on « demande des comptes » au cinéma sans autre forme de procès. Ce tableau suscite pourtant des articles et commentaires qui ne font que propager des idées fausses. Il jette sur les films d’auteur l’image d’un cinéma qui coûterait trop cher et ne serait pas assez vu, celle d’un cinéma élitiste, gâté, voire inutile. Le classement est d’ailleurs à ce point ignorant de notre secteur qu’il oublie les documentaires et leurs nombreux succès. Ne seraient-ils pas des films comme les autres ?  

PLF 2018 : Un vote important du Sénat en faveur des films de réalisateurs émergents

Pour un petit nombre de films souvent emblématiques en termes de création, l’application des règles d’intensité des aides publiques est devenue insoutenable, alors même qu’ils ont été choisis par des dispositifs particulièrement sélectifs, comme l’avance sur recettes et/ou les aides régionales.

Plus de 130 cinéastes se sont engagés sur le sujet dans une tribune parue il y a une dizaine de jours. Cet appel, relayé sur internet, a été soutenu par près de 2 000 signataires.

Le Bloc appelle Canal+ à ne pas se tromper d'adversaire et à renforcer son partenariat avec le cinéma français dans sa diversité.

l y est indiqué que face à une situation financière tendue et surtout à l’émergence de Netflix, d’Amazon et d’Altice Studio, qui n’ont signé aucune obligation d’investissement dans le cinéma, « du coup Canal + a décidé de remettre à plat ses relations avec le cinéma », en formulant un certain nombre de demandes nouvelles, incompatibles avec la réglementation actuelle et les accords professionnels le liant au cinéma jusqu’au 31 décembre 2019 qui lui confèrent un statut privilégié lui permettant notamment d’effectuer jusqu’à 50 multidiffusions assorties chacune d’une semaine de télévision de

Le BLOC exprime toutes ses réserves sur l’accord-cadre conclu entre OCS et UGC Images

Le BLOC a constamment défendu le rôle d’OCS, afin que ce service exerce sa liberté d’investissement dans les œuvres cinématographiques les plus diverses, ce qui a été le cas ces dernières années et ce dont il a régulièrement donné acte aux équipes d’OCS en saluant leur travail.

Il a donc été tout particulièrement surpris d’apprendre qu’Orange entendait désormais obliger OCS à réserver une part de ses investissements dans les films EOF à un seul acteur privé.

Le BLIC, le BLOC et L’ARP en soutien aux auteurs

Le BLIC, le BLOC et L’ARP souhaitent rappeler à cet égard que le droit d’auteur est un pilier fondamental de la diversité de la création, qu’il est intimement lié à l’existence même des œuvres et que sa défense a toujours été une priorité pour l’ensemble de la filière en France. Plus largement, ils souhaitent rappeler l’importance du respect des accords professionnels et font part de toute leur vigilance à cet égard et de leur solidarité avec les créateurs.
 

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